Jean Philippe Domecq

Jean Philippe Domecq
©Axel Léotard
(noté 25 heures après l’annonce de laffaire Strauss-Kahn, 16 mai 2011:)
Shakespeare aurait adoré: piégé sans doute, l’homme balaie toute sa puissance dintelligence, de travail et de trajectoire en quelques minutes de fragilité légendaire. Compulsion pour compulsion, cest linverse dun autre animal shakespearien, «Iago» Nixon qui, pantelant, toutes banderilles aux flancs pendant laffaire du Watergate, tient le coup un an et demi de mensonges, et ce pour des écoutes quil navait nul besoin dinstaller dans la plomberie de son concurrent quil allait battre et a battu haut la main.
Politiquement, ça y est: ceci est l'exact moment où Sarkozy vient de perdre les Présidentielles de 2012. Elles étaient gagnées pour lui face à Strauss-Kahn qui, dautant plus bardé de plans com quil avait besoin dêtre protégé de lui-même, se serait dégonflé en deux mois (parce quil naurait pas fourni ce dont la gauche et les opinions mondiales ont besoin: une nouvelle représentation économique, une raison dêtre ensemble depuis que linjustice est devenue trop criante avec la si logique crise financière du 15 septembre 2008). Voici que depuis hier, le centre et le centre-droit dont Strauss-Kahn aurait capté bonne part, vont pouvoir sautonomiser (le propre du centriste étant de ne jamais se déterminer par lui-même, toujours relativement) et se présenter, enlevant dautant à Sarkozy. Le 15 mai 2011, la gauche a gagné en mai 2012.

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