Jean Philippe Domecq

Jean Philippe Domecq
©Axel Léotard

Bref happening mondial - Total Ready Made


Le livre Bref happening mondial paraît en février 2014 (éditions tituli).

Le 24 octobre 2013, Domecq invitait le public à participer à un mystérieux happening à l’occasion du centenaire du premier ready-made de Marcel Duchamp. Lors d’un « rituel chamanique », Domecq réalisa un geste pensé comme l’aboutissement logique de sa réflexion sur l’Art et les artistes contemporains : il mit l’intégralité du monde en musée, et le signa. Ce geste visait à nous libérer une fois pour toutes des modèles artistiques qui, pendant un siècle, ont transformé l’idée iconoclaste de Duchamp en un nouveau conservatisme en art.

L’ouvrage Bref happening mondial est la trace écrite et matérielle de l’événement. Il rend compte de la particularité du geste de Domecq, entre solennité et ironie. Il est composé du texte Total Ready Made en français et anglais, d’un reportage de l’événement sous forme de roman-photo conceptuel, ainsi que d’un prolongement théorique sur « L’avènement du mondart ». Il constitue un quatrième volet sur l'art venant s'ajouter à la trilogie Artistes sans art ?, Misère de l’art, et Une nouvelle introduction à l’art du XXème siècle.  

Photographies : Nicolas Guilbert
Edition bilingue - Traduction : Sylvie Trilles Fontaine
Suivi de L'avènement du mondart par Jean Daniélou
ISBN : 979-10-92653-40-3     22€
contact : Raphaële Javary rjavary{a}tituli.fr
en vente sur www.tituli.fr

Total Ready Made


Total Ready Made
Bref happening mondial 

by Jean-Philippe Domecq


à l'occasion du centenaire du premier Ready made de Marchel Duchamp
24 octobre 2013 à la Galerie La Ralentie

Vidéo réalisée par Ralph Reiss


 lien:

"Du génie au tout-à-l'ego"

                                 

             
  


  

  Isabelle Floc’h / Jean-Philippe Domecq  


 "Du génie au tout-à-l’ego"
                                                                          
                                                         (L’amour de soi-même et vice-versa...)

  séminaire 



   à la Galerie La Ralentie
      le 13 novembre 2013 à 21h00



“Adieu, c'est à dire adieu et pour toujours au personnel, à l'intime, au relatif (....) Rien de ce qui est de ma personne ne me tente. (....) Un homme n'est pas plus qu'une puce. Nos joies, comme nos douleurs, doivent s'absorber dans notre œuvre".
Flaubert l'affirmait ainsi clairement à Louise Colet: l'ego, le soi, n'ont rien à faire avec l'œuvre, et tout au contraire ils sont à bannir. Pourtant, comme n'a pas dit mais aurait pu dire ce grand sociologue d'Andy Warhol, aujourd'hui tout le monde veut être original et c'est très bien, comme ça tout le monde sera comme tout le monde.
Tout le monde en effet depuis 30 ans veut être un "moi". Il peut donc être pertinent aujourd'hui de sonder ce phénomène, à savoir: se prendre pour soi, n'être que soi, la belle affaire...n’ est-ce pas tourner le dos à la "génialité" flaubertienne, qui, elle, suppose, en accord avec Goethe, de "brûler" le moi pour donner ses fruits ?
Ses fruits justement que nous nous plairons à évoquer dans ce séminaire dans tous les domaines, et pas seulement dans le champ artistique où ils furent cantonnés jusqu'ici.
             
                                                                                                  Isabelle Floc'h/ Jean-Philippe Domecq
     

                                                        
                                                         Réservation vivement conseillée
                                                                   
Entrée :  10 euros
                             Galerie La Ralentie: 22-24 Rue de la Fontaine au Roi 75011- Paris
                      Tél: 01 58 30 68 71 galerielaralentie@yahoo.fr www.galerielaralentie.com









Newsletter, présentation à la presse
du film La Ruée vers l'art

D’une neutralité redoutable
On retrouve avec ce documentaire ce qui fait l’efficacité du genre : plus c’est neutre et plus c’est parlant.
Avec La Ruée vers l’art, Danièle Granet et Catherine Lamour nous proposent un tour des centres névralgiques du marché mondial de lart contemporain, de Bâle à Venise en passant par Dubaï, Miami, New York, etc.. La caméra montre et les micros laissent parler librement les décideurs, c’est-à-dire les plus grands collectionneurs, responsables de maisons de ventes, courtiers, marchands, directeurs de musée. Ceux-ci expliquent, à juste titre, que la géographie mondiale de l’art a changé et bascule vers l’Est et l’Orient, d’où vient l’argent. Une responsable de maison de ventes confirme quavec toutes ces nouvelles fortunes qui accourent, il faut bien fournir un «art de nouveaux riches». Un marchand sur son stand de foire énonce en souriant quévidemment telle œuvre qui vaut tant attirerait encore plus les acheteurs si on ajoutait un zéro, ou deux, ou trois. Côté grands collectionneurs qui donnent le la : Larry Gagosian (galeriste entre autres de Damien Hirst qui sest rendu fameux par ses animaux en coupe dans du formol sous plexiglas), et qui écarte les cinéastes dun «Dont touch me» qui sent son bas de soie contemporain ; François Pinault (avec Jeff Koons, toujours souriant et dont on revoit le grand Snoopy floral exposé à Versailles en 2008) répond aimablement que tout cet art exprime «langoisse, la joie, la vie».
Le signe des temps que pointe ce documentaire n’est pas tant dans la masse monétaire que draine le marché de l’art contemporain, même si elle impressionne en comparaison de l’économie dite «réelle» où le capital vient moins facilement puisque le gain y dépend de la qualité du produit. Limportant est plutôt que ce qui est exposé et acheté là nest manifestement pas important en soi. Au contraire. Plus l’œuvre est provocante, plus elle passe pour provocatrice ; plus elle en jette dans sa simplicité criarde, plus elle défie qui osera l’acheter et donc plus on la veut ; bref, plus c’est lourd et plus c’est fin. Ainsi l’œuvre, dans sa forme même, affiche que cest son prix qui est exposé, pas sa forme. Et les critiques qui cautionnèrent ces œuvres ne peuvent à présent déplorer que la finance s’en soit emparée : avec leur minimum de valeur esthétique ajoutée, elles ne pouvaient que faciliter la déconnexion entre argent investi et productivité qualitative. Il s’agit donc bien du Financial art auquel devait aboutir l’art d’entertainment, ou, pour mieux dire : de publicité du monde. Comme le prophétisait le dandy sociologue Andy Warhol, «les affaires bien conduites sont le plus grand des arts».


Jean-Philippe Domecq



bref happening mondial


Le 24 octobre 2013 à 21h

TOTAL READY MADE

by

Jean-Philippe Domecq

Bref happening mondial, 1913-2013


À l’occasion du centenaire du premier


ready made réalisé par Marcel Duchamp


Jean-Philippe Domecq


présentera


TOTAL READY MADE


le 24 octobre 2013, à 21h


Galerie La Ralentie


22-24 rue de La Fontaine au Roi

75011 Paris


Réservation vivement conseillée

Pour tout renseignement :

La Ralentie, Art et Pensée

22-24 rue de la Fontaine au Roi

75011 Paris

Tél. + 33 (0)1 58 30 68 71

galerielaralentie@yahoo.fr

www.galerielaralentie.com

Paru dans Libération le 21 février 2013:

 - C’est Rimbaud revenu du Harrar -
par Jean-Philippe Domecq, romancier

Il arrive quelque chose d’exceptionnel à Sugar Man, film de Malik Bendjelloul sur le rockeur Sixto Rodriguez revenu de l’oubli total. Ce documentaire d’emblée repéré par la presse (cf. Libération du 25 décembre 2012) connaît depuis une ferveur telle que sa programmation est prolongée de semaine en semaine. De trois écrans en France, on vient de passer à cinquante; les deux concerts programmés en urgence pour juin au Zénith et à la Cigale affichent complet; en Grande-Bretagne le film vient de se voir décerner le Bafta, et qui sait ce qu’il pourrait décrocher à Hollywood? Ventes exponentielles aussi du CD qui collecte ses deux seuls disques autrefois vendus en tout et pour tout à 6 exemplaires aux USA mais à 500 000 dans un pays alors plus clos que l’URSS, l’Afrique du Sud, où la jeunesse se dressa contre l’apartheid au chant de ralliement de ses titres de chansons claquant mat: Cold Fact et Coming From Reality.
Deux figures mythiques sont rameutées par ce fabuleux oubli-et-retour d’un chanteur qui avait, pour être star plus que Dylan selon les spécialistes, une voix - de révolte sur l’oreiller, pour ainsi dire. Cela s’entend dans la chanson Sugar Man qui, comme Mr Tambourine Man de Dylan, rend hommage au dealer. On songe au Rimbaud des Illuminations qui, à vingt-et-un ans, déserte le Paris des poètes pour se taire au Harrar à jamais. Eh bien, il faut imaginer un come-back du Harrar. Autant revenir du désert. Et c’est la deuxième figure, le saint, que réveille ce chamanique profil de chicano planqué à Detroit. Sainteté hyper contemporaine et libertaire puisque Rodriguez a chanté la libération sexuelle, la dérive urbaine et cette révolte qui fut un ressort de notre civilisation et à laquelle le Christ ne fut pas tout à fait étranger. Le film restitue l’effet contagieux du chant sur les forces vives qui se soulèvent à Johannesburg contre une chape tyrannique si étanche que, pendant ce temps, le rockeur américain n’a pu savoir qu’il était aussi célèbre en Afrique du Sud qu’inconnu dans le monde. Sans doute aussi n’a-t-il pas voulu le savoir; le fait est qu’il a rayonné dans les chantiers industriels où on le retrouve en ressuscité sereinement planqué. Coup de génie narratif que cette réapparition à l’indienne dans ce film aux effets certes soufflants mais pourquoi pas s’il restitue ainsi le magnétisme d’une histoire vraie qui donne à penser ce qu’est la postérité artistique lorsqu’elle diffuse une dimension spirituelle inventive. Peut-être un de ses confrères maçons nous donne-t-il la clé de l’attitude de Rodriguez qui, tournant le dos au public lors de ses premiers concerts, a secrètement cherché ce qui lui est arrivé: «Son royaume est l’autre moitié du globe, vous savez. Là il est roi!». C’est dire, avec une jovialité de tee-shirt, que l’aura d’un être est réfractée par qui le voit quand son œuvre porte au-delà de l’ego, bien au-delà.


(Paru dans Libération le 21 janvier 2013)

Obama, leçon de style

Par Jean-Philippe Domecq Ecrivain*

Que les Français aient plébiscité la réélection de Barack Obama, confirme certes son charme international mais dit aussi quelque chose de leur propre président, dont les décisions récentes ne méritent pas tant leur dépit. Ce quelque chose, c’est le style. On pense communément que le style n’est qu’image et rhétorique; oui, lorsqu’il n’est pas self-made. Tandis que née de soi, la classe hors-classe d’Obama se voit et s’entend en toute singularité universelle.

Physiquement, d’abord, à l’évidence: Barack Obama est élégant dans la coupe comme dans la chaloupe corporelle, féline, jusque dans l’assurance affichée. Son allure vestimentaire stricte, chemise blanche cravate, confirme que l’élégance sera toujours plus élégante que le dandysme, car, ne cherchant pas à se signaler, elle se distingue intimement, pour chacun qui la voit. Ce qui est hautement démocratique. Et, qui plus est, de gauche, si l’étymologie du mot aristocratie (correspondant au gouvernement des meilleurs) rappelle bien que l’élite est partout, en toute classe sociale et non en une, qu’elle soit de noblesse ou d’argent. Barack Obama, Noir élu, ne l’aurait jamais été s’il n’avait porté la grâce native et filtrée par le travail sur soi, que promet l’égalité des chances. Ajoutons qu’il a en commun avec la plupart des présidents et candidats américains à la présidence un jeu de comportement fait de décontraction mate qui semble sorti de l’Actors Studio et de l’imaginaire répandu par le cinéma américain. Même George W. Bush avait son déhanchement à la Paul Newman.

Et puis il y a le verbe. Les Noirs américains, de Martin Luther King à Barak Obama en passant par Malcom X, sont les grands orateurs de l’Histoire récente. C’est qu’ils croient à la valence des mots, à leur effet fédérateur d’énergies collectives - et, au fond, qu’est-ce que le discours politique doit faire d’autre?

Dans l’allocution de Barack Obama la nuit de sa réélection, on retrouve sa maîtrise d’élan, ce calme à haute tension, dont tout chef d’Etat peut faire usage. « Les campagnes électorales peuvent parfois sembler mesquines, presque insensées » (notez la force de frappe ponctuelle: presque insensées). « Ce qui apporte de l’eau au moulin des cyniques qui nous expliquent que la politique n’est rien de plus qu’un combat d’ego ». Cet ego qu’on reproche aux politiques, lui le met sur la table, sans éluder. « Mais la politique n’a rien de petit, c’est grand. » De fait, elle passionne les citoyens lors même qu’ils la critiquent; c’est qu’en démocratie elle représente chacun par tous. Et Barack Obama d’enchaîner: « Nous voulons un pays qui ne soit pas affaibli par les inégalités ». Pas affaibli: le mot touche tous, même les plus aisés auxquels il signifie qu’eux aussi sont affectés, collectivement, si trop de citoyens tirent vers le bas. Puis Barack Obama misa de nouveau la question de la libido dominandi, pour affirmer qu’elle est nécessaire à son dépassement pour tous: « Nous ne sommes pas aussi cyniques que le disent les experts. Nous sommes plus grands que la somme de nos ambitions personnelles ». Ce en quoi il est bien de gauche. Quant à la l’envolée nationaliste, obligée: « Nous allons rappeler au monde… », Mitterrand en 1981 la concluait en termes analogues: «…le langage qu’il avait appris à aimer de la France ».

Rien n’a plus d’effet concret que le langage, verbal et comportemental; c’est vrai de la vie intime comme de la vie publique; et dans l’une et l’autre il ne s’agit plus de normalité.

* Dernier ouvrage paru: Cette obscure envie de perdre à gauche, éditions Denoël, 2012.